Le 25 décembre

Le 25 décembre 800: CHARLEMAGNE SACRÉ EMPEREUR

Le roi des Francs, Charles, plus connu sous le nom de Charlemagne, est couronné à Rome par le pape Léon III à la Noël 800.

En remerciement des services rendus à la papauté et notamment de l’élimination des Lombards, il reçoit du souverain pontife le titre inédit d’«Empereur des Romains».

Une cérémonie inédite

La cérémonie se déroule dans la basilique Saint-Pierre, en présence d’une nombreuse délégation de Francs.

Par son sacre dans la Ville éternelle, Charles se présente de façon symbolique en continuateur lointain de l’empire romain d’Occident…

C’est ainsi qu’il arbore comme emblème l’aigle monocéphale (une seule tête tournée vers la gauche).

Il rompt de la sorte avec la lignée de Clovis, qui a unifié trois siècles plus tôt les territoires francs des deux côtés du Rhin.

À noter aussi que cet empire reste dominé par les Francs. On qualifie même le peuple franc d’«élu de Dieu», sans connotation raciste, sa supériorité militaire étant le fruit de sa piété.

Trois empires rivaux

Avec le sacre de Charles le Grand, le monde romain de l’Antiquité se trouve désormais partagé entre trois empires rivaux: l’empire byzantin (capitale: Constantinople), l’empire arabe (capitale : Bagdad) et l’empire carolingien (capitale : Aix-la-Chapelle).

Ce partage en trois zones culturelles distinctes et souvent ennemies va perdurer jusqu’à nous.

En dépit des apparences, c’est un nouveau monde qui naît dans la douleur et succède à l’ancien empire méditerranéen de Rome.

Rome tirait sa prospérité des relations maritimes entre l’Occident et l’Orient et les royaumes barbares qui lui avaient succédé avaient prolongé cette tradition d’échanges. L’empire de Charlemagne se recentre quant à lui sur les pays rhénans. Ses activités économiques se concentrent autour d’un axe vital constitué par les régions situées entre Rhin et Meuse, en liaison étroite avec l’Italie.


Le 25 décembre 875 Charles II est couronné Empereur d’Occident à Rome, 75 ans exactement après Charlemagne le pape Jean VIII.

Charles II dit « le Chauve », né le 13 juin 823 à Francfort-sur-le-Main et mort le 6 octobre 877 à Avrieux, est un des petits-fils de Charlemagne qui se partagent l’Empire carolingien en 843. Duc d’Alémanie (829-832), puis roi d’Aquitaine durant le règne de son père Louis le Pieux (832-834 puis 838-845), il est roi de Francie occidentale de 843 à 877, roi de Lotharingie occidentale à partir de 869, et est couronné roi de Provence, d’Italie et empereur d’Occident en 875.

BIOGRAPHIE

Surnom

Charles doit son surnom le Chauve à la circonstance suivante : dès 867, il est abbé laïc de Saint-Denis. Le 5 mai 877, jour de la consécration par le pape Jean VIII de la collégiale Sainte-Marie, future abbaye Saint-Corneille de Compiègne, il se serait fait raser le crâne en signe de soumission à l’Église malgré la coutume franque exigeant qu’un roi ait les cheveux longs. Il porte de longues moustaches tombantes .

Il est aussi possible que son surnom ait une autre explication : dans sa petite enfance, ses demi-frères avaient tous un royaume attitré, en vue de l’héritage de leur père. Charles, né d’une autre mère, était le seul sans royaume, donc sans couronne, donc « chauve ». Le surnom aurait par la suite été gardé par ses détracteurs et ennemis pour lui rappeler que son destin n’était pas d’être roi.

Origines et enfance

Fils de l’empereur Louis le Pieux et de sa seconde épouse Judith de Bavière, Charles est né le 13 juin 823 ou 820. Il est confié, à l’âge de sept ans, à un précepteur de renom, Walafrid Strabon (v. 808/809 – 849), moine au monastère de Reichenau, en Alémanie, esprit cultivé attaché au mythe impérial, poète, auteur d’une glose contenant des commentaires de la Bible, sur lesquels se sont fondées durant des siècles les interprétations du livre sacré. Pendant neuf années, Strabon assure l’éducation du jeune prince, convaincu de la grande destinée qui attend son élève.

Dès août 829 à Worms, son père le fait duc d’Alémanie, incluant la Rhétie, l’Alsace et une partie de la Bourgogne , alors qu’il est âgé de six ans.

En septembre 832, à neuf ans, il le nomme à Limoges roi d’Aquitaine en remplacement de son demi-frère Pépin Ier d’Aquitaine ; ce dernier, ayant aidé son père dans la rébellion contre ses fils, récupère son trône le 15 mars 834 à Quierzy.

En 837, à l’assemblée d’Aix-la-Chapelle, son père lui accorde les territoires côtiers situés entre la Frise et la Seine. En 838, il obtient un territoire assimilé à un royaume incluant le Maine et la région comprise entre la Seine et la Loire. En 839, le 28 ou le 30 mai , à l’assemblée de Worms, Louis le Pieux lui donne une partie de la Francie occidentale comprise entre la Meuse et la Seine, l’ouest et le sud de la Bourgogne, la Provence, la Neustrie, la marche de Bretagne, le royaume d’Aquitaine, la Gascogne et la Septimanie.

Les faveurs accordées à Charles le Chauve, au détriment de ses demi-frères, constituent la cause des troubles qui agitent la fin du règne de leur père, et de la mésintelligence qui existe entre ses héritiers.

Le partage de l’Empire (840-843)

En 840, à la mort de Louis le Pieux, la guerre commence immédiatement entre ses fils. Charles s’unit à Louis le Germanique, contre Lothaire Ier, leur frère aîné, qui aspire à les exclure du partage de l’Empire, ainsi que Pépin II d’Aquitaine, le fils de Pépin Ier d’Aquitaine, qui avait été dépossédé de son royaume par Charles le Chauve. Ensemble, Louis et Charles remportent en 841 la bataille de Fontenoy-en-Puisaye, en Bourgogne. Le 14 février 842, ils renforcent leur alliance en prononçant réciproquement les serments de Strasbourg, prononcés en langue romane et en langue tudesque afin d’être compris par les troupes de l’ouest comme de l’est de la Francie.

Les hostilités cessent avec le traité de Verdun en 843, partageant l’empire de Charlemagne en trois royaumes de taille comparable :

  • Lothaire Ier reçoit la Francie médiane, Francia media (ultérieurement Lotharingie), de la mer du Nord à l’Italie et est nommé Empereur ;
  • Louis le Germanique reçoit la Francie orientale, Francia orientalis ou Germanie ;
  • Charles le Chauve reçoit la Francie occidentale, Francia occidentalis, origine du royaume de France[10].

Cinq ans plus tard, le 6 juin 848 dans la cathédrale d’Orléans et en présence de l’évêque de ce diocèse, Agius, Charles le Chauve, élu puis acclamé par les grands du royaume, est sacré par l’archevêque de Sens, Wénilon (ou Ganelon) : « Et, dans la ville d’Orléans, presque tous les grands, réunis aux évêques et aux abbés, élisent Charles pour leur roi et le consacrent par l’onction du saint chrême et par la bénédiction épiscopale » .

Les guerres contre les Bretons (843-851)

En 841, Charles le Chauve reçoit le serment de Nominoë, missus de Bretagne durant le règne de Louis le Pieux. Par ailleurs, il confie à un fidèle aquitain, Bego (Bégon) la défense de la rive sud de la Loire ; Bego installe à quelques kilomètres de Nantes une place forte (à l’origine de la localité de Bouguenais), mais il est rapidement victime de dissensions au sein du camp franc.

Dès 843, les hostilités sont déclenchées entre Charles le Chauve et Nominoë. En 845, lors de la bataille de Ballon, Nominoë remporte une victoire sur Charles le Chauve. Un premier traité est conclu en 846 : Nominoë devient souverain de Bretagne. Lors de la reprise des hostilités en 849, les Bretons mènent de nombreux raids en Francie occidentale (Maine, Anjou, Poitou), et s’emparent des cités de Rennes et Nantes.

Le 22 août 851, Charles le Chauve est battu par Erispoë, lors de la bataille de Jengland. Cette défaite le conduit à signer au mois de septembre suivant le traité d’Angers qui cède à Erispoë les comtés de Rennes et Nantes ainsi que le pays de Retz, et lui reconnaît le titre de roi en échange de l’hommage.

Quelques années plus tard, sous le règne de Salomon, nouveau roi de Bretagne, Charles est encore obligé d’accepter une extension du royaume breton. Le 1er août ou le 25 août 867, par le traité de Compiègne, Charles le Chauve concède à Salomon la péninsule du Cotentin et l’Avranchin.

Les raids vikings et la guerre de 858 contre Louis le Germanique

Confirmation par Charles le Chauve du partage des biens de l’abbaye de Saint-Denis entre l’abbé et les religieux. Établi à Compiègne le 19 septembre 863. Archives Nationales.

Les Vikings multiplient les raids dès les années 840 dans l’ouest du royaume (pillage de Nantes en 843 ayant entraîné la mort d’un grand nombre d’habitants parmi lesquels l’évêque saint Gohard ; premier siège de Paris en 845 ; pillage de Bordeaux en 848), ce qui contribue à affaiblir les positions franques face aux Bretons durant cette période.

De 856 à 861, la Francie occidentale est plusieurs fois rançonnée par les Vikings, alors très actifs (deuxième siège de Paris en 856-857 et troisième siège de Paris en 861).

Maintes fois, le roi Charles s’engage à leur donner de grosses sommes afin que ceux-ci se retirent et cessent de piller les riches abbayes ; les Normands touchent la rançon et reviennent plus tard. En raison de son incapacité à soumettre l’envahisseur, les grands du royaume, ayant à leur tête Robert le Fort, se rebellent contre Charles et demandent l’aide de son frère Louis le Germanique.

Au cours de l’automne 858, tandis que Charles II assiège l’île d’Oscelle (Oissel) occupée par des Vikings, Louis II quitte Worms et envahit le royaume de Charles . Il reçoit l’hommage des Aquitains, de la plupart des vassaux de la couronne et d’une faible minorité de prélats sous l’autorité de l’archevêque Wénilon de Sens qui lui donne même l’onction du sacre. Charles est contraint de se réfugier en Bourgogne ; plusieurs évêques réagissent, sous la conduite de l’archevêque Hincmar de Reims. Réunis à Reims le 25 novembre 858, ils demandent le départ des Francs orientaux et le retour de Charles. Louis s’exécute et licencie une partie de son armée. Profitant de la situation, Charles réussit à rassembler des troupes et marche vers le nord. Les deux armées se font face à Jouy, près de Soissons ; voyant que l’armée de Charles est plus importante que la sienne, Louis se retire sans combattre.

Par ailleurs, Charles II doit soutenir plusieurs guerres contre son neveu Pépin II d’Aquitaine pour conserver son pouvoir sur l’Aquitaine.

La Monnaie est instituée en 864 par l’édit de Pîtres : c’est aujourd’hui l’une des plus anciennes institutions françaises.

Roi de Lotharingie (869) puis empereur (875)

Charles le Chauve, miniature peinte vers 870.

Après la mort de Lothaire II, il est couronné roi de Lotharingie le 9 septembre 869 à Metz par l’archevêque Hincmar de Reims, l’évêque de Metz Advence prétendant que tous les évêques et grands laïcs de Lotharingie souhaitent l’avènement de Charles. Avant le couronnement, Charles doit prendre des engagements envers ses nouveaux sujets .

Mais Louis le Germanique intervient aussi en Lotharingie : en août 870, au traité de Meerssen, Charles doit lui céder une partie du territoire. La frontière entre leurs deux royaumes suit alors la Moselle et de la ville de Thionville vers la rivière l’Ourthe en Belgique qui fort probablement servira de repère pour rejoindre la Meuse jusqu’à son embouchure en Mer du Nord. Le traité accorde aussi à Charles le Chauve la partie nord du royaume de Provence, domaine (avec l’Italie) de l’empereur Louis II , fils aîné de Lothaire Ier.

En 875, après la mort de Louis II, héritier du trône impérial, ainsi que des royaumes d’Italie et de Provence, il entreprend un voyage en Italie. Le 25 décembre 875 à Rome, 75 ans exactement après le couronnement de Charlemagne, il est couronné empereur par le pape Jean VIII.

Louis le Germanique meurt à Francfort le 28 août 876. Charles en profite pour envahir la Lotharingie orientale. Mais les fils de Louis lui infligent une sévère défaite le 8 octobre 876 à Andernach près de Coblence.

S’étant ensuite rendu en Italie afin de porter secours au pape Jean VIII en lutte contre les Sarrasins, il est contraint de revenir en France pour faire face à une attaque de Carloman, autre fils de Louis le Germanique. Sur le chemin, entre le 14 et le 16 juin 877, il promulgue le capitulaire de Quierzy, considéré comme la reconnaissance juridique de l’hérédité de la charge de comte — qui était déjà un état de fait depuis des décennies — et des honneurs, et donc l’un des fondements juridiques de la future féodalité .

Sur le chemin du retour, il est atteint d’une pleurésie, se réfugie à Aussois et meurt des suites de cette maladie , le 6 octobre 877, au village de Brios, l’actuel Avrieux, au pied du Mont-Cenis. La rumeur publique accuse rapidement Sédécias (Zédéchias), un de ses médecins juifs, de l’avoir empoisonné , avec la complicité de Richilde.

TOMBEAU

Au cours du retour vers Paris, en raison de la décomposition du corps, son corps est enterré à Saint-Pierre de Nantua. Selon la tradition, sept ans après sa mort, Charles le Chauve apparaît à un moine de Saint-Denis (et à un moine de Saint-Quentin-en-Vermandois). À sa requête, le moine demande à son fils Louis II le Bègue de faire rapporter le corps de son père à Saint-Denis . Finalement, en 884, ses ossements sont ramenés à l’abbatiale de Saint-Denis.

En effet, l’empereur et roi Charles II, ayant assumé l’abbatiat de Saint-Denis en 867, exprime le vœu de reposer dans l’abbatiale, en précisant même l’emplacement de sa future sépulture, derrière l’autel de la Trinité. La reine Ermentrude, son épouse, est enterrée à Saint-Denis en 869. Un fils du couple impérial, Charles, meurt la même année que son père en 877 et est inhumé au côté de sa mère.

On ignore toutefois quel était l’aspect de ce premier tombeau impérial. Trois siècles et demi plus tard, la réalisation d’un nouveau tombeau donne le coup d’envoi à la réorganisation sous Louis IX du nouveau transept et du chœur de la basilique Saint-Denis en lieu mémoriel de la royauté. Lorsque l’abbé Eudes Clément (1229-1245) part pour Rouen en 1245, le tombeau de Charles II le Chauve est achevé.

Il s’agissait d’un gisant sur dalle en bronze porté par des colonnettes. L’empereur était représenté en demi-relief, sa tête couronnée reposant sur un coussin, ses pieds sur un lion. La main droite tenait un sceptre fleurdelisé, la gauche une sphère. Deux angelots, placés dans les écoinçons du trilobe encadrant la tête du souverain, tenaient des encensoirs et des navettes. Une inscription en creux formait la bordure de la tombe rappelait les bienfaits qu’il avait dispensés à l’abbaye. Le fond de la plaque était entièrement émaillé en bleu, avec fleurs de lis et réseau en or.

Des plaques d’émail incrusté décoraient aussi les bordures des robes et du manteau. Quatre lions de bronze, reposant sur des colonnettes jumelles très courtes, de pierre, supportaient cette table. Sur les quatre angles les ecclésiastiques mitrés devaient servir à porter des cierges que l’on faisait régulièrement brûler en l’honneur de l’empereur, comme à Saint-Germain-des-Prés pour le roi mérovingien Childebert Ier.

Le monument se trouvait au milieu du chœur des moines, devant la croix que Charles II le Chauve avait offerte à l’abbaye, aligné avec les tombeaux de Philippe II Auguste et de Louis VIII situés devant le maître-autel. Le tombeau de l’empereur marquait la limite occidentale de l’espace funéraire.

Après la journée du 10 août 1792, la convention décida de faire fondre toutes les statues et monuments en bronze de la monarchie abolie. Les statues de bronze des tombeaux ainsi que les gisants en métaux furent enlevés et fondus au cours des journées de profanation des tombes de la basilique Saint-Denis. Seuls des dessins de François Roger de Gaignières nous en gardent le souvenir ainsi que la description faite par Viollet-le-Duc dans son Dictionnaire raisonné de L’architecture.

La disparition de ce tombeau, unique en son genre, laisse un vide majeur dans la nécropole royale de Saint-Denis. Eugène Viollet-le-Duc envisage une reconstitution au milieu du XIXe siècle. Il en a laissé des dessins mais ce projet n’est pas réalisé.

NAISSANCE DE LA FÉODALITÉ

Poursuivant l’œuvre législatrice et organisatrice de Charlemagne , Charles II a laissé un grand nombre de capitulaires, dont le capitulaire de Quierzy particulièrement important pour l’évolution politique et sociale du royaume .

En 847, il promulgue le capitulaire de Meerssen, qui marque le début de la féodalité. Charles II invite tout homme libre à se choisir un seigneur, que ce soit le roi ou un autre seigneur : « Volumus ut unusquisque liber homo in nostro Regno Seniorem, qualem voluerit in nobis & in nostris Senioribus, accipiat » (Nous voulons que chaque homme libre dans notre royaume reçoive pour seigneur celui qu’il aura lui-même choisi, soit nous-même, soit un de nos fidèles) .

À la suite de Charlemagne, créateur d’un corps d’officiers chargé de décimer les loups dans l’empire (la louveterie), Charles II crée un corps d’officiers spécialisés (les « bévari » ou « bevarii », officier des bièvres) spécialement chargé de la chasse aux castors, très recherchés pour leur fourrure et depuis l’Antiquité pour le castoréum qu’ils produisent (il est également probable que les moines se soient plaints des castors qui font volontiers des barrages sur les fossés de drainage que l’on creusait alors dans toute l’Europe pour gagner de nouvelles terres sur les marais et forêts inondées) ; on l’accusait aussi de dégrader les cultures faites en bord d’eau

Entre le 14 et le 16 juin 877, quelques semaines avant de mourir, Charles le Chauve promulgue le Capitulaire de Quierzy. Celui-ci reconnaît l’hérédité de la charge de comte (qui était déjà un état de fait) et l’hérédité des honneurs, ce qui rend illégal la révocation d’un comte ou le refus d’accorder le titre de comte au fils d’un comte qui venait de mourir comme c’était possible jusque-là (car Charlemagne avait créé le poste de comte comme un fonctionnaire révocable à l’origine). Il s’agit de l’un des fondements juridiques importants de la féodalité.


le 25 décembre 1100: Couronnement de Baudoin 1er Roi de Jérusalem

Baudouin de Boulogne, né entre 1061 et 1070, est le troisième fils d’Eustache II, comte de Boulogne, et d’Ide de Lorraine. Il participe à la première croisade de 1096, à la suite de laquelle il devient comte d’Édesse de 1098 à 1100, puis premier roi de Jérusalem sous le nom de Baudouin Ier de 1100 à sa mort le 2 avril 1118.

BIOGRAPHIE

Avant la croisade

Fils du comte Eustache II de Boulogne et d’Ide de Lorraine, Baudouin naît entre 1061 et 1070. Il a deux frères aînés : Eustache III de Boulogne, destiné à recueillir l’héritage paternel, et Godefroy de Bouillon, duc de Basse-Lorraine, destiné à recueillir l’héritage maternel. À l’exemple de beaucoup de cadets, Baudouin est destiné à suivre une carrière ecclésiastique. Il suit une formation dans les arts libéraux et exerce la fonction de chanoine à Reims, Cambrai et Liège. Mais, pour des raisons mal connues, il abandonne cette voie pour celle des armes. Il épouse Godehilde, fille du seigneur anglo-normand Raoul II de Tosny, dont il espère l’héritage. En 1096, suivant ses deux frères aînés, il prend part à la première croisade et tente sa chance en Orient .

Comte d’Édesse

Il accompagne ses deux frères dans la croisade, jusqu’à l’arrivée de celle-ci devant Antioche en septembre 1097. Après avoir vainement tenté de conquérir la Cilicie au côté de Tancrède de Hauteville, il abandonne les croisés pour chercher fortune à Édesse. Alors que Baudouin vient de capturer Turbessel, le seigneur arménien d’Édesse, Thoros, l’invite à titre de mercenaire pour défendre sa cité contre les incursions turques. Baudouin de Boulogne répond à l’appel de Thoros mais impose ses conditions : il oblige Thoros à l’adopter comme fils adoptif et héritier. Le 8 mars 1098, peu après la cérémonie d’adoption, Thoros trouve la mort au cours d’une émeute, peut-être avec la complicité de Baudouin, qui devient alors comte d’Édesse.

Godehilde de Tosny étant morte en octobre 1097, Baudouin épouse une princesse arménienne, Arda, afin d’asseoir sa légitimité. Il réprime par la suite une rébellion de notables arméniens mécontents, auxquels il fait crever les yeux à la manière byzantine. Il repousse efficacement les Turcs, agrandissant ses domaines jusqu’aux rives de l’Euphrate. Avec le trésor dont il s’est emparé à Édesse, Baudouin achète l’émirat de Samosate pour dix mille besants d’or. Il s’empare de Saruj et de Birecik puis résiste pendant trois semaines aux assauts de Kerbogha, atabey de Mossoul, en mai 1098. Il songe à s’étendre vers le Dyarbekir lorsqu’il apprend, en août 1100, la mort de son frère Godefroy. Avec une escorte de deux cents chevaliers et de sept cents fantassins, il part recueillir la succession de Jérusalem, confiant le comté d’Édesse à son cousin-neveau et deuxième cousin Baudouin du Bourg .

Roi de Jérusalem

Après s’être frayé un chemin par les armes jusqu’à Jérusalem, Baudouin entreprend une chevauchée militaire en Judée afin d’établir son autorité. Il est ensuite couronné roi de Jérusalem par le patriarche Daimbert de Pise le 25 décembre 1100 en la basilique de la Nativité de Bethléem ..

Le jeune royaume de Jérusalem ne possède alors qu’un seul port, Jaffa, les autres ports de Palestine étant tenus par les Fatimides d’Égypte. C’est un grave problème pour une colonie qui ne peut communiquer avec le reste de la chrétienté que par la mer. La première tâche de Baudouin est donc de s’assurer le contrôle du littoral. Avec une petite armée, il prend successivement les ports d’Arsouf et de Césarée en mai 1101. Opposé à un fort contigent égyptien devant Ramla, il harangue ses troupes en ces termes : « Si vous êtes tués, c’est la couronne du martyre ; si vous êtes vainqueurs, une gloire immortelle. Quant à vouloir fuir, inutile : la France est trop loin ! » Les troupes musulmanes sont mises en déroute et forcées de se retirer à Ascalon. L’année suivante, vaincu puis assiégé dans la ville de Ramla, Baudouin échappe miraculeusement à ses poursuivants et parvient à rallier Arsouf, puis Jaffa. Renforcé par Hugues de Saint-Omer, il reprend l’offensive et remporte fin mai 1102 une victoire sur les Égyptiens entre Jaffa et Ascalon. En mai 1104, appuyé par une escadre génoise, il s’empare de Saint-Jean-d’Acre. L’été suivant, il remporte une troisième bataille à Ramla contre une coalition des Égyptiens et des Damasquins.

Le roi Sigurd et le roi Baudouin. Illustration de Gerhard Munthe.

Baudouin profite de la présence ponctuelle de flottes alliées pour reprendre aux Égyptiens l’ensemble du littoral palestinien. Il s’empare de Beyrouth en mai 1110 avec l’aide de navires génois et pisans. En décembre, c’est l’appui de la flotte du roi Sigurd de Norvège qui lui permet de capturer Sidon. Au cours de l’automne 1115, après une incursion à l’est du Jourdain, Baudouin fait construire le Krak de Montréal. L’année suivante, en 1116, Baudouin poursuit son avancée plus au sud et s’empare d’Ayla dans le golfe d’Aqaba, qu’il fait fortifier . Il marche ensuite contre Tyr et fait ériger le château de Scandalion afin de compléter l’encerclement de la ville . En même temps, il doit faire face à plusieurs contre-attaques fatimides et abbassides.

En 1113, Baudouin répudie son épouse Arda en la jetant dans un couvent pour épouser Adélaïde de Sicile, veuve du comte Roger de Sicile. Ce mariage lui apporte une dot considérable pour remplir le trésor, et l’appui précieux de la flotte sicilienne. Néanmoins, le divorce d’avec sa deuxième femme n’ayant jamais été proclamé par l’Église, Baudouin est accusé de bigamie. Il consent à se séparer d’Adélaïde en 1117 sous la pression du Saint-Siège, mais uniquement après avoir dépensé sa dot. Baudouin meurt peu après, le 2 avril 1118 , en évitant par cette dernière séparation de mourir excommunié.

Dans l’église du Saint-Sépulcre, on voyait autrefois les tombeaux de Godefroy de Bouillon et de Baudouin Ier de Jérusalem mais après l’incendie de 1808 de la basilique, ils sont détruits par l’architecte pour aménager plusieurs chapelles. Selon une tradition, ces tombeaux étaient placés sous la Pierre de l’Onction. Une autre tradition les plaçait sous les deux bancs attenant à la chapelle d’Adam sous le calvaire .

Bilan

En comparaison de son frère Godefroy de Bouillon, René Grousset admet que Baudouin « ne fut certes pas un saint ». Il le désigne cependant comme « une des personnalités les plus puissantes de l’histoire franco-syrienne ». L’historien porte à son crédit une œuvre politique considérable : la fondation du royaume latin de Jérusalem. Sachant allier les qualités de l’aventurier à ceux de l’homme d’État, Baudouin construisit une « solide monarchie militaire » que Grousset compare aux monarchies capétienne, anglo-normande et germanique. Steven Runciman le décrit quant à lui comme un « grand roi, sévère et sans scrupules », qui « par sa vigueur martiale, sa subtilité diplomatique et sa sage tolérance », permit au jeune royaume de prendre une solide place parmi les royaumes d’Orient .

Michel Balard le décrit également comme le « vrai constructeur du royaume de Jérusalem ». Il le loue comme un « guerrier infatigable, doté d’une énergie peu commune », mais aussi comme un « calculateur violent et sans scrupules ». Il note par ailleurs que, malgré trois mariages sucessifs, il n’eut aucun héritier et ne se préoccupa guère de sa succession .


Le 25 décembre 987 : Hugues Capet associe au trône de France son fils Robert, futur deuxième roi capétien, Robert II « le Pieux ».

Robert II, surnommé « le Pieux », est né à Orléans vers 972[n 1] et mort au château de Melun le 20 juillet 1031. Fils d’Hugues Capet et de son épouse Adélaïde d’Aquitaine, il est le deuxième roi franc de la dynastie capétienne. Régnant de 996 à 1031, il est ainsi l’un des souverains de l’an mil.

Couronné et associé dès 987 au trône et au gouvernement, il assiste son père sur les questions militaires (notamment lors des deux sièges de Laon, en 988 et 991). Sa solide instruction, assurée par Gerbert d’Aurillac (le futur pape Sylvestre II) à Reims, lui permet de s’occuper des questions religieuses dont il devient rapidement le garant (il dirige le concile de Saint-Basle de Verzy en 991 et celui de Chelles en 994). Poursuivant l’œuvre politique de son père, après 996, il parvient à maintenir l’alliance avec la Normandie et l’Anjou et à contenir les ambitions d’Eudes II de Blois.

Au prix d’une longue lutte débutée en avril 1003, il conquiert le duché de Bourgogne qui aurait dû lui revenir en héritage à la mort, sans descendance directe, de son oncle Henri Ier de Bourgogne, mais que ce dernier avait transmis à son beau-fils Otte-Guillaume. Il fut donc Robert Ier de Bourgogne.

Les déboires conjugaux de Robert le Pieux avec Rozala d’Italie et Berthe de Bourgogne (qui lui valent une menace d’excommunication), puis la mauvaise réputation de Constance d’Arles, contrastent étrangement avec l’aura pieuse, à la limite de la sainteté, que veut bien lui prêter son biographe Helgaud de Fleury dans la Vie du roi Robert le Pieux (Epitoma vitæ regis Roberti pii). Sa vie est alors présentée comme un modèle à suivre, faite d’innombrables donations pieuses à divers établissements religieux, de charité envers les pauvres et surtout de gestes considérés comme sacrés, tels que la guérison de certains lépreux : Robert est le premier souverain considéré comme thaumaturge. La fin de son règne révèle la relative faiblesse du souverain qui doit faire face à la révolte de son épouse Constance puis de ses propres fils (Henri et Robert) entre 1025 et 1031.

HISTORIOGRAPHIE

L’historiographie se consacre depuis longtemps à l’époque de Robert le Pieux, l’an mil, et s’est attachée à décrire l’instauration de la paix de Dieu qui visait à canaliser les seigneurs et assurer la protection des biens de l’Église et des seigneuries. Par ailleurs, si, depuis Jules Michelet, les historiens ont longtemps avancé que le passage à l’an mil avait provoqué des peurs collectives de fin du monde, cette thèse a été réfutée par l’historien Dominique Barthélémy à partir de la fin des années 1990 et par Sylvain Gouguenheim, professeur d’histoire médiévale à l’École normale supérieure de Lyon[1]. En fait, la fin du Xe siècle et la première moitié du XIe siècle connaissent le début d’un changement économique et social avec l’augmentation de la productivité agricole et des capacités d’échanges permises par le développement de l’usage du denier d’argent. Dans le même temps, la fin des invasions et les continuelles guerres personnelles entraînent, à partir de 1020, la prolifération des châteaux privés, du haut desquels le droit de ban s’impose, ainsi que l’émergence de la chevalerie, nouvelle élite sociale qui tient son origine des cavaliers carolingiens.

Contrairement à son père Hugues Capet, nous avons conservé une littérature contemporaine de Robert le Pieux, exclusivement ecclésiastique, qui évoque la vie du roi. En premier lieu, il y a la biographie écrite par Helgaud de Fleury (Epitoma vitæ regis Roberti pii, v. 1033), abbé de Saint-Benoît-sur-Loire , qui n’est en réalité qu’un panégyrique voire une hagiographie du souverain. Autres sources exceptionnelles sont les Histoires (v. 1026-1047) du moine bourguignon Raoul Glaber. Homme de haute culture, il est, par son réseau clunisien, très bien renseigné sur l’Occident tout entier. Raoul est de loin l’informateur le plus complet sur le règne de Robert le Pieux. Secondairement, il faut noter la traditionnelle Histoire de Richer de Reims et le poème que l’évêque Adalbéron de Laon, dit « Ascelin », a adressé à Robert, décrivant ainsi la société de son temps.

BIOGRAPHIE

Jeunesse et formation

Comme pour son père Hugues Capet, on ne connaît ni la date, ni le lieu précis de la naissance de Robert, et cela bien que les historiens penchent fortement pour l’année 972 et pour Orléans, capitale du duché robertien depuis le IXe siècle. Le fils unique du duc des Francs, Hugues, et de sa femme, Adélaïde de Poitiers, se prénomme « Robert » comme son ancêtre héroïque Robert le Fort, mort en combattant les Vikings en 866. Le reste de la progéniture royale est composé de trois sœurs : Gisèle, Edwige et Adélaïde.

Au Xe siècle, la famille des Robertiens est le clan aristocratique le plus puissant et le plus illustre du royaume de Francie. Durant les décennies précédentes, deux de ses membres sont déjà montés sur le trône, évinçant déjà la dynastie carolingienne : Eudes Ier (888) et Robert Ier (922). Le principat d’Hugues le Grand, duc des Francs et grand-père de Robert le Pieux, marque l’apogée des Robertiens jusqu’à sa mort en 956. Néanmoins à partir du milieu du Xe siècle, Hugues Capet, qui lui a succédé à la tête du duché et malgré un rayonnement encore important, ne parvient pas à s’imposer comme son père.

La jeunesse de Robert est surtout marquée par les combats incessants du roi Lothaire pour récupérer la Lorraine, « berceau de la famille carolingienne », aux dépens de l’empereur Otton II :

« Comme Otton possédait la Belgique (la Lorraine) et que Lothaire cherchait à s’en emparer, les deux rois tentèrent l’un contre l’autre des machinations très perfides et des coups de force, car tous les deux prétendaient que leur père l’avait possédée »

— Richer de Reims, vers 991-998 .

En août 978, le roi Lothaire lance à l’improviste un assaut général sur Aix-la-Chapelle où réside la famille impériale qui échappe de peu à la capture. Après avoir pillé le palais impérial et les alentours, il retourne en Francie en emportant les insignes de l’Empire. Au mois d’octobre suivant, pour se venger, Otton II réunit une armée forte de soixante mille hommes et envahit le royaume de Lothaire. Ce dernier, n’ayant que peu de troupes autour de lui, est contraint de se réfugier chez Hugues Capet, qui passe pour être le sauveur de la royauté carolingienne . La dynastie robertienne prend alors un virage qui bouleverse le destin du jeune Robert. L’évêque Adalbéron de Reims, à l’origine homme du roi Lothaire, se tourne de plus en plus vers la cour ottonienne pour laquelle il éprouve une grande sympathie.

Une éducation exemplaire

Denier anonyme attribuable à Reims et à l’archevêque Gerbert d’Aurillac ou à Arnoul, fin du Xe siècle.

Hugues comprend rapidement que son ascension ne peut se faire sans l’appui de l’archevêque de Reims. Lui-même illettré, ne maîtrisant pas le latin, il décide d’envoyer Robert, vers 984, non pas chez l’écolâtre Abbon de Fleury, près d’Orléans, mais chez Adalbéron afin qu’il le forme aux rudiments de la connaissance. En effet, à la fin du Xe siècle, l’école cathédrale de Reims a la réputation d’être la plus prestigieuse école de tout l’Occident chrétien. Le prélat accueille volontiers Robert, qu’il confie à son secrétaire le fameux Gerbert d’Aurillac, l’un des hommes les plus instruits de son temps.

On suppose que pour suivre l’enseignement de Gerbert, le jeune garçon dut acquérir les bases du latin. Il enrichit ainsi ses connaissances en étudiant le trivium (c’est-à-dire ce qui se réfère à la logique : grammaire, rhétorique et dialectique) et le quadrivium (c’est-à-dire les sciences : arithmétique, géométrie, musique et astronomie). Robert est l’un des rares laïcs de son temps à profiter de la même vision du monde que les clercs . Après environ deux années d’études à Reims, il regagne Orléans. Son niveau intellectuel s’est aussi développé dans le domaine musical, comme le reconnaît un autre grand lettré de son temps, Richer de Reims. D’après Helgaud de Fleury, à un âge inconnu de son adolescence, le jeune Robertien tombe gravement malade, à tel point qu’Hugues et Adélaïde craignent pour sa vie. C’est alors que ses parents vont prier à l’église Sainte-Croix d’Orléans et offrent un crucifix d’or et un vase somptueux de 60 livres (30 kg) en offrande. Robert guérit miraculeusement .

« Sa pieuse mère l’envoya aux écoles de Reims et le confia au maître Gerbert, pour être élevé par lui et instruit suffisamment dans les doctrines libérales. »

— Helgaud de Fleury, Epitoma vitæ regis Roberti pii, v. 1033 .

L’association de Robert au trône (987)

Devenu roi des Francs, Hugues souhaite en finir avec l’alternance entre Carolingiens et Robertiens pour le trône de France, Eudes en 898 et Robert Ier en 923 ayant eu des Carolingiens pour successeurs. C’est ainsi qu’il propose à Adalbéron l’association de Robert au trône. L’archevêque de Reims est hostile à cette proposition et selon Richer, il aurait répondu au roi : « on n’a pas le droit de créer deux rois la même année ». On pense que Gerbert d’Aurillac (qui est lui-même proche de Borell II qui fut un temps son protecteur), serait alors venu au secours d’Hugues pour convaincre le prélat d’évoquer l’appel du comte Borell II, comte de Barcelone, demandant l’aide du nouveau roi pour lutter contre Al-Mansur. Contraint par la crainte de la mort possible du roi, Adalbéron cède .

Rozala d’Italie, comtesse de Flandres (enluminure, fin du XVe siècle).

À la différence de celui d’Hugues Capet, le sacre de Robert est raconté précisément par Richer de Reims (jour et lieu bien identifiés). Vêtu de pourpre tissé de fils d’or, comme le voulait la tradition, le jeune garçon de quinze ans est acclamé, couronné puis sacré par l’archevêque de Reims le 25 décembre 987 dans la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans .

« les princes des royaumes étaient réunis le jour de la nativité du Seigneur pour célébrer la cérémonie du couronnement royal, l’archevêque, prenant la pourpre, couronna solennellement Robert, fils d’Hugues, dans la basilique de Sainte-Croix, aux acclamations des Français, puis le fit et ordonna roi des peuples occidentaux de la rivière de la Meuse jusqu’à l’Océan . »

Richer souligne que Robert est seulement « roi des peuples de l’Ouest, depuis la Meuse jusqu’à l’Océan » et non pas « roi des Gaulois, des Aquitains, des Danois, des Goths, des Espagnols et des Gascons » comme son père. Aussitôt associé, Hugues veut pour son fils une princesse royale mais l’interdiction d’épouser des personnes sous le seuil du troisième degré de parenté, l’oblige à chercher en Orient. Il fait rédiger une lettre de la plume de Gerbert qui demande au basileus, Basile II, la main de sa fille pour le jeune Robert. Aucune réponse ne parvient. Finalement, sous la pression de son père, Robert doit épouser, au printemps 988, Rozala d’Italie, trentenaire et veuve d’Arnoul II, comte de Flandre et fille de Bérenger II, roi d’Italie. Elle apporte à la royauté capétienne Montreuil, le Ponthieu et une possible tutelle sur la Flandre étant donné le jeune âge de son fils Baudouin IV…