Le 30 décembre

Le 30 décembre 999 : victoire de Brian Boru et Mael Seachnaill II Mór sur Máel Mórda mac Murchada, à la bataille de Glenmama.

La bataille de Glenmama ou Glenn Máma en irlandais : Cath Ghleann Máma se déroule le 30 décembre 999 probablement près de Lyons Hills à Ardclough dans le Comté de Kildare, et oppose une alliance entre les rois Sigtryggr Silkiskegg de Dublin et Máel Mórda mac Murchada de Leinster à une coalition menée par le roi Brian Boru de Munster et le roi Mael Seachnaill II Mór de Mide. Cette confrontation se solde par une victoire décisive de l’alliance Munster–Mide.

SOURCES

La bataille apparaît comme une entrée dans un certain nombre d’annales irlandaises : les Annales des quatre maîtres, les Annales d’Ulster, le Chronicon Scotorum et les Annales d’Innisfallen. Les annales irlandaises constituent une collection substantielle et unique d’enregistrements annuels d’événements ecclésiastiques et politiques, tels qu’ils ont été rédigés dans les monastères irlandais du milieu du VIe siècle à la fin du XVIe siècle. Bien que le statut historique des entrées rétrospectives sur les périodes pré-chrétiennes et paléochrétiennes soit incertain, les entrées à partir de la fin du VIe siècle sont contemporaines.

CONTEXTE

En 997, Brian Boru conclut une trêve avec son ancien rival Mael Sechnaill dans le but d’unir leurs forces contre les Vikings de Dublin. Deux ans plus tard, Mael Morda de Leinster s’allie à son tour avec Sigtryggr Silkiskegg, roi norvégien de Dublin. Cette alliance nordique déclenche un affrontement majeur à la fin de l’année 999 .

BATAILLE

La bataille se déroule un jeudi 30 décembre 999. Bien que le site exact reste inconnu, les sources médiévales, notamment le poème Circuit of Ireland, situent Glenmama entre Liamhain (en) et Dún Ailinne (en). Les combats sont d’une extrême violence, comme le rapporte la Cogad Gaedel re Gallaib. Environ 7 000 Vikings périssent, parmi lesquels Harald, frère de Sigtryggr et fils d’Olaf Kvaran.

Brian Boru capture Mael Morda, qu’il échange ensuite contre des otages .

CONSÉQUENCES

Après leur victoire, les forces de Brian et Mael Sechnaill pillent et incendient Dublin, qu’ils occupent jusqu’au début de l’année suivante. Sygtryggr est temporairement exilé, mais il retrouve rapidement le pouvoir à Dublin grâce à un accord politique avec Brian Boru. Ce dernier lui confie la ville afin d’en maintenir le contrôle indirect. Une alliance matrimoniale scelle cet accord : Sygtryggr épouse la fille de la première épouse de Brian, et celui-ci prend pour seconde épouse la mère de Sygtryggr.

Malgré cette trêve apparente, les tensions persistent : Brian Boru et Sihtric s’affrontent de nouveau en 1014 lors de la bataille de Clontarf .


Le 30 décembre 1097 : violent tremblement de terre, à Antioche assiégée par les troupes de la Première croisade, ressenti jusqu’à Edesse, en Grèce.

La première croisade s’est déroulée de 1096 à 1099 à la suite du refus intervenu en 1078 des Turcs seldjoukides de continuer à laisser le libre passage vers Jérusalem, accordé par le pacte d’Umar, aux pèlerins venus d’occident. Cette croisade s’achève par la prise de la ville et la création des États latins d’Orient.

PRÉMICES

En 1071, les Seldjoukides font irruption en Asie Mineure après la bataille de Manzikert où les Byzantins sont vaincus. Ceux-ci ne peuvent empêcher les Turcs de s’établir à Nicée en 1078 et d’y fonder un royaume en 1081. À la fin du XIe siècle, Alexis Comnène, dont l’empire se trouve gravement menacé dans sa partie orientale, demande à plusieurs reprises l’aide de Rome contre l’envahisseur.

En 1078, les Seldjoukides chassent de Jérusalem les Fatimides qui gouvernaient la région depuis 970. Alors que les Fatimides donnaient un relatif libre accès à la Ville sainte aux pèlerins, les Turcs massacrent la totalité de ses habitants et soumettent les autres populations chrétiennes aux vexations et à l’esclavage. Les Turcs enfin coupent l’accès par la route continentale, depuis l’Europe, tout au long de l’Asie Mineure.

En 1087 se déroule la campagne de Mahdia, une expédition punitive contre la ville nord-africaine de Mahdia par une flotte des républiques maritimes de Gênes et Pise. Carl Erdmann(en), historien de la croisade, considère ce raid comme un précurseur direct. En effet pour la première fois, l’Indulgence est accordée par un pape (Victor III) pour toute action militaire visant un État musulman.

Le concile de Clermont

En 1095, lors d’un séjour en France, le pape Urbain II prend acte de l’exaspération des pèlerins à qui les Turcs barrent dorénavant la route de Jérusalem (que les Arabes avaient toujours laissée libre), et répond à la demande d’Alexis. Ainsi, le 27 novembre 1095, au cours du concile de Clermont, qu’il a fait réunir, le pape lance un appel à la croisade (appelée alors Peregrinatio) et prêche pour le secours de l’empereur, la protection des chrétiens d’Orient et la libération de la Terre sainte. En échange de leur participation, les croisés (désignés à l’époque comme Cruce Signatus) se voient promettre le pardon de leurs péchés, ainsi que le statut de martyr en cas de mort au combat.

Il désigne Adhémar de Monteil, évêque du Puy, pour diriger cette campagne en tant que légat pontifical.

Il s’agit aussi, pour la papauté, de renforcer son autorité en rassemblant, dans un projet commun, une noblesse occidentale turbulente et guerrière.