Le 10 janvier

Le 10 janvier 1162 : mort de Baudouin III, roi de Jérusalem.

Baudouin III de Jérusalem, né en 1131 et mort le 10 février 1162 à Beyrouth, fils de Foulques V d’Anjou et de Mélisende de Jérusalem, est roi de Jérusalem de 1143 à 1162.

Proclamé roi à l’âge de treize ans sous la régence de sa mère, Mélisende, il assiste à la perte d’Édesse en 1144, puis à l’échec de la deuxième croisade en 1148. Il parvient néanmoins à résister à la poussée zengide, obligeant son principal adversaire, Nur ad-Din, à la défensive. Il conclut une alliance avec l’Empire byzantin, donnant aux établissements croisés en Orient les moyens de résister à la contre-offensive islamique.


Le 10 janvier 1356 : Charles IV promulgue la Bulle d’Or, qui fixe les conditions d’élection à la tête du Saint Empire.

La Bulle d’or, parfois appelée bulle d’or de Nuremberg ou bulle d’or de Metz, est un code juridique essentiel du Saint-Empire romain, promulgué par l’empereur Charles IV le 10 janvier 1356 à la diète de Nuremberg et le 25 décembre 1356 à la diète de Metz. En tant que « loi fondamentale », elle donne à l’institution de l’Empire sa forme définitive, jusqu’à sa dissolution en 1806, attribuant le choix du roi des Romains aux sept princes-électeurs. Elle tire son nom de la forme du document original, scellé par une bulle en or métallique.

La ville de Francfort-sur-le-Main conserve un exemplaire original de cette fameuse bulle d’or. Il en existe une copie aux archives de la ville de Metz. Une copie originale enluminée fut remise au royaume de Bohême, aujourd’hui conservée à la Bibliothèque nationale autrichienne. Les copies originales encore conservées ont été promues au registre international Mémoire du monde en 2013.

CONTENU

La Bulle d’or est composée de trente et un chapitres qui fixent de façon minutieuse les règles de transmission de la dignité impériale. Dans la plupart des cas, aucun droit nouveau n’est créé, mais des procédures formées au fil des siècles sont codifiées.

Selon les normes électorales fixées, le roi doit être élu à la majorité des voix du collège électoral de sept membres comprenant trois ecclésiastiques et quatre laïcs. Au plus tard dans les trente jours suivant l’annonce du décès du dernier roi des Romains, l’archevêque de Mayence, en sa qualité d’archichancelier pour la Germanie, convoque les six autres princes-électeurs pour le choix du nouveau roi à la collégiale Saint-Barthélemy de Francfort. L’élection et les délibérations sur les capitulations suivent l’ordre de préséance. Les votes sont enregistrés dans l’ordre prévu au chapitre IV paragraphe 4 :

  1. L’archevêque de Trèves en tant qu’archichancelier pour la Bourgogne.
  2. L’archevêque de Cologne en tant qu’archichancelier pour l’Italie. Jusqu’à la fin du Moyen Âge, le nouveau roi fut sacré par l’archevêque à la cathédrale d’Aix-la-Chapelle.
  3. Le roi de Bohême en tant que prince laïque couronné et échanson d’Empire.
  4. Le comte palatin du Rhin en tant qu’écuyer de cuisine et régent impérial des pays franconiens.
  5. Le duc de Saxe en tant que maréchal d’Empire et régent impérial des pays saxons.
  6. Le margrave de Brandebourg en tant que chambellan d’Empire.
  7. L’archevêque de Mayence, au rang le plus élevé en tant qu’archichancelier pour la Germanie, vote en dernier. En cas d’égalité des suffrages, il a voix prépondérante.

Le roi était alors réputé in imperatorem promovendus (« devant être promu empereur »), mais la bulle restait muette quant à la confirmation par le pape. Mais les conditions d’élection étaient si bien précisées qu’elles ne pouvaient plus être contestées. Le pape n’avait donc plus d’arbitrages à rendre . La Bulle d’or de 1356 reconnut aux archevêques de Mayence la primauté pour l’élection du roi et la présidence du collège électoral.

La Bulle d’or définit aussi les prérogatives impériales. L’empereur était le suzerain de tous les fiefs impériaux. Il détenait le pouvoir judiciaire suprême. Les électeurs avaient rang de souverains, et la prééminence sur tous les autres princes de l’Empire. Leurs terres n’étaient plus démembrables et devaient être transmises du père au fils aîné. Ils obtenaient le droit de justice souveraine .

Charles IV mit en valeur l’importance de la connaissance des langues étrangères pour les affaires quotidiennes et politiques de l’Empire, ce dont témoigne le chapitre XXXI de la Bulle d’Or, qui recommande aux princes-électeurs d’éduquer leurs enfants, pour des raisons pratiques, dans les langues suivantes : « en dehors de l’allemand, qu’ils connaissent naturellement, aussi le latin, l’italien et le slave » ce qui veut dire dans ce contexte le tchèque. Ces langues étaient en effet les moyens principaux de communication dans l’Empire .