Le 18 janvier
La Chaire de saint Pierre à Rome en 43

L’Église a institué la fête de la Chaire de saint Pierre à Rome pour célébrer cette mémorable journée en laquelle le prince des Apôtres, après avoir tenu sept ans son siège apostolique à Antioche, vint à Rome combattre le paganisme dans son centre et dans sa source. Le dessein était audacieux; mais l’Esprit-Saint l’inspira à celui que naguère la voix d’une servante avait fait trembler. La sagesse divine réservait au prince des Apôtres de planter la foi dans cette ville, maîtresse de l’univers, afin que, de là, elle se répandit facilement chez tous les peuples.
Assurément la victoire du christianisme serait complète, si la capitale du monde païen devenait la capitale du monde régénéré, si le trône des Césars devenait le trône des chefs de l’Église de Jésus-Christ, si l’empire du démon croulait sur ses vieilles bases pour donner place à l’empire du Sauveur. C’est ce qui arriva, en dépit de toutes prévisions humaines, parce que la Volonté de Dieu ne connaît pas d’obstacles. N’était-il pas juste de célébrer par une fête la prise de possession de Rome par saint Pierre? Pour entrer dans l’esprit de cette fête, témoignons à Jésus-Christ notre reconnaissance et affermissons notre foi à Son Église.
Heureux sommes-nous de vivre dans la communion de l’Église de Jésus-Christ, seule vraie Église, hors de laquelle il n’y a point de salut! Nous marchons à la vraie lumière, nous suivons le droit chemin, nous arrivons sûrement au Ciel. Notre naissance au sein de l’Église, hors du paganisme, des hérésies et des schismes, est un don gratuit de Dieu et une marque insigne de Sa prédilection. Grâces éternelles Lui en soient rendues!
De plus, quel sujet d’affermir notre foi! Cette Église, dont nous sommes les enfants, elle est l’oeuvre de Dieu; nulle force humaine n’a contribué à son établissement ni à son triomphe; elle doit tout à la puissance divine; le monde tout entier s’est levé contre elle, mais elle a vaincu le monde; les Césars ont voulu l’égorger à sa naissance, mais elle a supplanté les Césars; les persécutions, qui devaient la tuer, l’ont fait grandir à l’infini; la faiblesse de ses chefs a fait leur force et de même que le Christ a sauvé l’humanité par Sa mort, c’est par sa vie que saint Pierre a fait de Rome le centre de l’Église.
Rome! Ce grand nom nous rappelle bien des gloires; mais sa gloire la plus brillante, c’est d’être devenue, par la prise de possession de saint Pierre, la capitale du monde chrétien.
Le 18 janvier 1509 : bataille du cap Finisterre.

Un combat naval a lieu dans le golfe de Biscaye entre une escadre portugaise et le corsaire français Pierre de Mondragon, commandant une flotte de quatre navires. La victoire portugaise sur les Français est totale et Pierre de Mondragon est tué pendant le combat.
Le 18 janvier 1547 : mort du Cardinal Pierre Bembo

Contemporain de l’Arioste et du Tasse, Bembo contribua par ses travaux philologiques à fixer la langue italienne, que les deux autres enrichissaient par des chefs-d’œuvre. Il ne possédait pas moins bien la langue latine, dans laquelle il écrivit des livres d’histoire et de nombreuses poésies ; mais, soit qu’il employât l’un ou l’autre idiome, le caractère de son style était l’imitation, principe mort, dont l’adoption décèle toujours un esprit médiocre. Dans la prose latine, c’étaient les formes cicéroniennes ; dans la poésie italienne, c’était le tour pétrarchesque que Bembo s’attachait à reproduire. Il poussait jusqu’à un tel scrupule le soin vétilleux de là pureté du langage, qu’il avait quarante tiroirs ou cartons à travers lesquels ses écrits passaient, suivant le nombre des révisions qu’ils avaient subies, comme à travers quarante degrés d’épurations successives.
Bembo, né à Venise le 20 mai 1470, avait pour père un sénateur de cette ville aimant et cultivant lui-même la littérature. Au lieu d’entrer dans la carrière dus emplois publics, que son père lui ouvrait, il prit l’habit ecclésiastique, et quoique ses mœurs ne répondissent nullement à la sainteté de cette profession, l’indulgence pontificale ne lui en prodigua pas avec moins de libéralité les abbayes, les doyennés, les commanderies et les canonicats. Dans l’année 1539, Paul III, enchérissant encore sur ses prédécesseurs Léon X et Clément VII, lui accorda le chapeau de cardinal, auquel deux ans plus tard il ajouta un évêché. Telles sont les fastueuses récompenses dont le saint Siège honorait l’auteur de poésies licencieuses, l’amant reconnu de la fameuse Lucrèce Borgia, l’homme qui passa vingt-deux ans de sa vie avec une fille appelée Morosina, dont il eut plusieurs enfants. Presque à la même époque, le Tasse vivait dans la persécution et dans la misère.






