Le 14 décembre

Le 14 décembre 1515 : rencontre entre le Roi de France, François 1er et le Pape Léon X, qui aboutira au concordat de Bologne.

Francois 1er
Léon X

François 1er, vainqueur de Marignan, fait à cheval, le 11 décembre 1515, une entrée élégante et triomphale en la cité italienne de Bologne, où le pape Léon X l’attend. Le Roi de France est en position de force. Ses victoires italiennes lui ont permis d’acquérir le duché de Milan. En contrepartie de son soutien à Florence, gouvernée par les Médicis, la famille de Léon X, le Saint Siège lui a offert Parme et Plaisance. Signé quelques mois plus tôt, le 13 octobre, le traité de Viterbe a officialisé ces accords.

Au cours de l’automne, François 1er accomplit un voyage triomphal dans ses nouvelles possessions ; puis il prend la route pour Bologne où va se tenir un sommet au cours duquel doivent être réglées les relations entre le royaume de France et la papauté. Précédant le cortège papal, vingt deux cardinaux viennent à la rencontre de François 1er, vêtu de velours bleu à fleurs de lys. Le Roi est reçu par Léon X en “fils aîné de l’Église”. Contrairement à l’usage, il ne baise pas les pieds du souverain pontife. En guise de salutations, les deux chefs d’État s’étreignent, puis échangent discours et maintes politesses…

Depuis 1438, la Pragmatique Sanction, promulguée à Bourges par Charles VII, empoisonne les relations entre la papauté et la monarchie. Déjà, Philippe le Bel, au début du XIVème siècle, a tenté de limiter l’autorité du Saint Siège sur l’Église de France. La Pragmatique Sanction a, de fait, donné un statut d’autonomie à cette dernière au travers de deux dispositions importantes. D’abord, les conciles généraux priment sur l’autorité du pape en matière de foi et de réforme. Ensuite, évêques et abbés sont élus et non plus désignés par Rome. Le plus souvent, l’élection devient un moyen déguisé de désignation par le Roi.

Le plus cher souhait de Léon X, soucieux de rétablir le pouvoir de Rome sur l’ensemble de l’Église, est d’obtenir la suppression de la Pragmatique Sanction. Après de longues discussions, le concordat de Bologne, qui règle les relations entre Rome et Paris jusqu’à la Révolution. Il est signé le 18 août 1516, approuvé le 19 décembre 1516 par le concile du Latran. Il remplace la Pragmatique Sanction de Bourges et, en ce qui concerne les affaires de l’Église de France, détermine clairement la part du Roi et celle du pape. En France, le concordat soulève une vive opposition de la part des gallicans (qui militent pour la restriction de l’autorité papale) et du Parlement qui ne l’enregistre qu’en mars 1518.

Désormais, le système d’élection aux postes ecclésiastiques (archevêques, évêques, abbés, prieurs) est rendu caduc. Le Roi de France présente ses candidats, à qui la papauté accorde l’investiture canonique, si le pape les accepte. L’approbation est soumise à des critères, en particulier d’âge et de formation.

Le concordat de Bologne est aboli unilatéralement par l’Assemblée Constituante, en août 1790.