Le 31 décembre

Le 31 décembre 535 : le général byzantin Bélisaire célèbre la conquête de la Sicile et la clôture de son consulat à Syracuse.

En 535, la deuxième étape de la politique extérieure expansionniste de Justinien débute. Il s’agit de la reconquête de l’Italie dominée alors par le Royaume ostrogoth.

Justinien prend comme prétexte la déposition de la reine Amalasonthe, favorable aux byzantins, par son mari Théodat, pour intervenir.

Bélisaire est placé à la tête d’une force de 10 000 hommes (7 000 réguliers, des bucellaires et 500 Barbares), chargée d’attaquer les Ostrogoths depuis le sud, tandis que Mundus fait campagne en Dalmatie.

Bélisaire débarque à Catane vers le mois de juin 535 et il soumet la Sicile avant la fin de l’année, seule Palerme lui résiste durant un temps.

Pour réduire cette opposition, il assiège la cité par terre et par mer. Il profite du fait que les mâts des navires surplombent les murailles pour y établir des plates-formes, permettant aux archers de tirer directement dans la ville, provoquant sa reddition.

Grâce à cette conquête rapide, la Sicile est relativement préservée de la guerre et retrouve rapidement sa prospérité.

Le 31 décembre, il entre à Syracuse où il organise un triomphe célébrant cette conquête. Conformément à la tradition, il distribue des pièces d’or à la foule.

Toutefois, l’action de Bélisaire en Italie est interrompue dès l’année suivante car il doit revenir en Afrique. En effet, Solomon a été contraint à la fuite à la suite d’une mutinerie dirigée par Stotzas, ce qui nécessite l’intervention de Bélisaire qui vainc les rebelles. La rébellion réduite, il débarque rapidement dans le sud de l’Italie, progressant sans difficulté jusqu’à Naples.

Cette fois, il est contraint de mettre le siège devant la cité, bien fortifiée. Finalement, au bout de seulement vingt jours, la ville tombe car Bélisaire parvient à y faire pénétrer quatre cents de ses soldats par un aqueduc. De nouveau, il souhaite préserver la cité et ses habitants du pillage mais il ne peut retenir l’ensemble de ses troupes, notamment les Huns.

Le roi Théodat se montre incapable de faire face à la progression byzantine. De ce fait, Bélisaire continue sa route vers le nord et entre dans Rome sans combattre, le 9 décembre 536. En effet, le pape Silvère intervient dans les négociations et la garnison des Goths, forte de 4 000 hommes, quitte l’ancienne cité impériale avant l’arrivée des Byzantins.

C’est un succès de grand prestige pour Bélisaire, permettant à l’Empire romain d’Orient de reprendre le contrôle de l’antique cœur du monde romain. Comme à Carthage, il prend le soin de renforcer les défenses de la cité, recrute des soldats parmi les habitants et envoie des contingents prendre des cités voisines, notamment Spolète et Pérouse.

Néanmoins, dans le même temps, les Ostrogoths ont élu un nouveau roi, Vitigès. Celui-ci décide d’emblée de contre-attaquer et se dirige vers Rome pour l’assiéger avec une armée importante en février 537. En face, Bélisaire ne dispose que de 5 000 hommes, déployés sur vingt kilomètres de murailles. Il tente une sortie avec un millier de soldats et faillit périr dans le combat qui s’ensuit. Procope de Césarée loue alors son engagement direct dans la bataille pour en rétablir la situation. Bélisaire parvient cependant à organiser une défense efficace, repoussant les assauts et faisant parfois des sorties.

Il demande aussi des renforts à Justinien, d’autant que la population romaine fait preuve d’une certaine défiance à l’égard de Bélisaire. Ce dernier n’hésite pas à déposer le pape Silvère et à le faire remplacer par Vigile quand il le soupçonne de trahison, notamment car il refuse de reconnaître le patriarche Anthime Ier de Constantinople.

Procope de Césarée, dont la version des faits est confirmée par le Liber Pontificalis, affirme qu’il agit aux ordres de sa femme, désireuse de voir Silvère mis à l’écart. Toutefois, il est difficile de confirmer une telle hypothèse. Quoi qu’il en soit, il convoque le clergé romain pour qu’il élise un successeur, en la personne de Vigile.

En dépit du siège, Bélisaire reçoit des renforts au nombre de 1 600 cavaliers. Pour autant, plus le siège s’installe dans la durée, plus les assiégés commencent à souffrir de la faim. Bélisaire parvient à réaliser quelques sorties qui permettent de s’emparer des vivres adverses, les Ostrogoths eux-mêmes souffrant du manque d’approvisionnement.

En décembre, des provisions parviennent à être acheminées à Rome sur le Tibre et bientôt, ce sont les Ostrogoths qui montrent les plus grands signes de lassitude. Vitigès tente de négocier la reddition, sans résultats. Bélisaire accepte seulement une trêve de trois mois, le temps qu’une ambassade arrive à Constantinople.

Néanmoins, Bélisaire en profite pour reprendre des positions, notamment la ville de Porto ou Civitavecchia. Finalement, face à la progression des Byzantins au nord de l’Italie, Vitigès est contraint de lever le siège en mars 538 .

Quelques semaines après la fin du siège, Bélisaire repart à l’offensive. Désormais, il progresse vers le nord de l’Italie, prenant Todi, Chiusi ou encore Pertusa. Il en profite aussi pour intégrer certains des prisonniers dans sa propre armée pour la renforcer. Il envoie un détachement jusqu’à Milan et un autre à Rimini, tenue par Jean, auquel il demande de harceler l’armée de Vitigès en approche, ce qu’il refuse de faire.

En outre, le général Narsès arrive en Italie à Ancône avec 7 000 hommes. Bélisaire décide de le rejoindre près de Fermo. Pour autant, les deux généraux byzantins ne s’entendent pas sur la marche à suivre. Narsès veut soulager Rimini, ce à quoi s’oppose Bélisaire, se défiant probablement de Jean qui refuse d’obtempérer à ses ordres.

Il accepte finalement de se diriger vers Rimini quand il apprend que les assiégés sont sur le point de céder. Il dirige le gros de l’armée avec Narsès en route depuis l’intérieur des terres, tandis que la flotte commandée par Ildiger doit approcher de la cité assiégée et qu’une troisième force longe la côte. Les Ostrogoths ne tardent pas à se retirer face à ce déploiement de force, ce qui ne met pas fin aux dissensions entre Bélisaire, préférant se concentrer sur le siège d’Urbino, et Narsès.

Bélisaire poursuit son travail de conquête des places-fortes adverses après la chute d’Urbino. Il s’empare d’Orvieto avant d’apprendre que Milan est assiégée par des Burgondes, envoyés de Thibert Ier, le roi des Francs. Cependant, la ville tombe en mars 539 car Jean et Justin, à la tête de la troupe de renforts, s’arrêtent en chemin et demandent un ordre écrit de Narsès, qu’ils finissent par obtenir mais trop tardivement pour arriver en temps.

Cet échec, conduisant à la destruction de la ville, décide Justinien à rappeler Narsès pour éviter que les divergences entre les généraux byzantins ne continuent à entraver la conquête de l’Italie

Bélisaire redevient le général en chef des forces byzantines en Italie et il peut mettre en œuvre sa stratégie librement. Il s’empare d’Auximum et ses généraux Jean et Martin reprennent Fiesole. Pour favoriser la reddition des places fortes, Bélisaire fait des promesses aux soldats goths, notamment de les enrôler dans l’armée byzantine.

La progression byzantine est un temps entravée par une incursion des Francs dont Bélisaire se plaint directement auprès de Thibert .

En 540, Bélisaire décide de s’attaquer à Ravenne, la grande cité de la fin de l’Empire romain d’Occident.

Du côté de l’Adriatique, la marine byzantine empêche tout ravitaillement. Bélisaire espère ainsi réduire la cité par la famine. Vitigès tente de négocier avec Justinien, lui proposant un découpage de la péninsule avec le maintien du royaume ostrogoth au nord. Toutefois, il exige la signature de Bélisaire, ce que ce dernier refuse car il estime être en mesure de remporter la victoire. Finalement, il feint d’accepter la proposition des Goths de devenir roi d’Italie, ce qui lui permet de prendre Ravenne, tout en capturant Vitigès.

Ce succès d’importance marque la fin de la campagne de Bélisaire en Italie. En effet, Justinien rappelle son meilleur général pour qu’il combatte les Sassanides, car Chosroès Ier a rouvert les hostilités. Il est possible aussi qu’il se méfie de Bélisaire, craignant qu’il ne cède aux propositions des Goths de le faire roi d’Italie.

Quoi qu’il en soit, il ne le récompense pas d’un triomphe, peut-être par peur de renforcer encore la popularité de son général. En outre, ce dernier s’applique à ce que le succès de la conquête de l’Italie soit attribuée en premier lieu à l’empereur.


Le 31 décembre : Saint Sylvestre, Pape (280-335)

La patrie de Saint Sylvestre était Rome. Quand il était assez vieux pour gérer sa fortune, il se réjouit d’offrir l’hospitalité aux chrétiens étrangers de passage à Rome. Il les amenait chez lui, lavait leurs pieds, leur servait de la nourriture et, au nom de Jésus-Christ, leur montrait tous les soins de la charité la plus sincère.

Un jour, un illustre confesseur de la foi, nommé Timothée d’Antioche, vint à Rome. Personne n’a osé le recevoir ; Sylvester l’a considéré comme un honneur, et pendant un an, Timothée, prêchant Jésus-Christ avec un zèle incroyable, a reçu l’hospitalité la plus généreuse dans sa maison. Quand cet homme héroïque a gagné la paume du martyre, Sylvester a volé ses précieux restes et les a enterrés sous couvert de la nuit. Mais lui-même fut rapidement traduit devant le tribunal du préfet, accusé d’avoir dissimulé les trésors du martyr : « Timothy, répondit-il, ne m’a laissé que l’héritage de sa foi et de son courage. « 

Le préfet l’a menacé de mort et l’a fait jeter en prison ; mais Sylvester, en partant, lui dit : « Imbécile, c’est toi-même qui, cette nuit-là, rendra un compte à Dieu. » Le persécuteur a avalé un os de poisson et est en effet mort cette nuit-là. La peur du châtiment céleste a adouci les bourreaux, et le jeune homme héroïque a été rétabli en liberté. Cette noble conduite de Sylvestre a conduit le pape Saint Melchiades, dont il allait devenir éminent successeur, à l’ordonner diacre.

Son long pontificat de vingt et un ans, célèbre pour diverses raisons, est particulièrement renommé pour le concile de Nicée, le baptême de Constantine et le triomphe de l’Église. Le baptême de Constantin est placé ultérieurement par de nombreux auteurs ; mais non moins nombreux et tout aussi fiables témoignages placent le baptême de ce grand empereur sous le règne de Saint Sylvestre, et le Bréviaire romain confirme cette opinion.

Constantin, toujours païen et pas particulièrement sympathique pour les chrétiens, dont il ignorait complètement la doctrine, était affligé d’une sorte de lèpre qui couvrait tout son corps. Une nuit, saint Pierre et saint Paul, rayonnant de lumière, lui apparurent et lui demandèrent d’invoquer le pape Sylvestre, qui le guérirait en lui donnant le baptême. Le pape, en fait, a instruit le néophyte royal et l’a baptisé. Le règne social de Jésus-Christ a commencé ; la conversion de Constantine aurait l’heureuse conséquence de convertir le monde.


Le 31 décembre 1687 : à l’instigation de la Compagnie des Indes orientales, un premier navire transportant des réfugiés huguenots d’origines françaises quitte la Hollande pour coloniser des terres du Cap de Bonne-Espérance, à la pointe sud de l’Afrique.

Certains pensent que, avant que des explorateurs européens n’atteignent le cap de Bonne-Espérance, des marchands et explorateurs chinois, arabes ou indiens auraient aussi pu l’avoir visité (depuis la côte Est de l’Afrique) et avoir gardé la trace de ces visites. Les vieilles cartes mondiales comme celles de Kangnido et de Fra Mauro, dessinées avant 1488, accréditent cette thèse .

Carte de Robben Island et de la Baie de la Table datant de 1773.

Al-Biruni, un savant persan du XIe siècle, est le premier à préfigurer l’existence d’une route permettant de contourner l’Afrique pour rejoindre l’océan Atlantique .

Les Portugais s’engagent dès le début du XIVe siècle dans l’exploration de l’Afrique noire en vue de s’approvisionner directement en or. Le cap de Bonne-Espérance fut atteint pour la première fois par les Portugais en janvier 1488. Le franchissement par le Sud de l’Afrique relève sans doute davantage de préoccupations liées à ces approvisionnements en or plutôt qu’un hypothétique itinéraire vers les Indes. En tous cas, les progrès dans la navigation (boussole, gouvernail d’étambot, portulan…) permettent aux Portugais de naviguer toujours plus loin . Lors de son exploration par l’ouest le long de la côte africaine, la flotte commandée par Bartolomeu Dias est emportée vers le sud. Celui-ci, pensant qu’il a dépassé le point le plus méridional du continent, continue vers l’est et ne rencontre aucune terre. Il se dirige alors vers le nord jusqu’au Rio do Infante (actuel Great Fish River), puis fait demi-tour sous la pression de son équipage, et revient en longeant les côtes. Au niveau de l’actuel False Island, Bartolomeu Dias érige un padrão dont les restes ont été retrouvés lors de fouilles en 1938. C’est donc sur le chemin du retour qu’il peut s’approcher du cap qu’il baptise d’abord « Cabo Tormentoso » , cap de la Tourmente, en raison des vents qui y sévissent. Le cap est rebaptisé par Jean II roi du Portugal en « cap de Bonne-Espérance » car les Portugais ont désormais « bon espoir » d’arriver bientôt aux Indes.

Les Portugais construisirent deux balises pour la navigation, les croix de Dias et de Da Gama en hommage à Vasco de Gama et Bartolomeu Dias comme étant les explorateurs qui furent les premiers cités pour avoir atteint le Cap. Quand elles sont alignées, les croix pointent vers le Whittle Rock, un grand danger toujours submergé pour les bateaux dans la False Bay.

Le pays autour du cap était habité par les Hottentots qui devaient être environ 50 000 lors de la première installation des Provinces-Unies en 1652, et les Hollandais les appréciaient surtout pour leur bétail .

L’administrateur colonial Jan van Riebeeck établit un camp de ravitaillement pour la Compagnie néerlandaise des Indes orientales à environ 50 km au nord, au bord de la baie de la Table le 6 avril 1652. En se développant, ce camp devint Le Cap. Des dépôts de nourriture fraîche étaient vitaux pour les longs voyages le long de l’Afrique et Le Cap fut connu comme la « Taverne des mers ».

Le 31 décembre 1687, un premier groupe de 22 huguenots quitta les Provinces-Unies à bord du premier navire affrété par la Chambre de commerce de Delft. À la suite de la révocation de l’édit de Nantes, ils avaient fui la France et s’étaient réfugiés aux Pays-Bas pour fuir les persécutions religieuses comme le huguenot Pierre Joubert, qui venait de La Motte-d’Aigues. La Compagnie néerlandaise des Indes orientales ayant besoin de fermiers expérimentés (vignerons, spécialistes de l’olivier) afin de cultiver les terres riches en alluvions du Cap, le gouvernement néerlandais Simon van der Stel y vit une occasion pour les huguenots. En tout, près de 277 huguenots s’installèrent dans la colonie néerlandaise, sur des terres dans la vallée d’Olifantshoek rapidement rebaptisé Franshoek (littéralement « le coin des Français » en afrikaans). La colonie grandit peu à peu durant 150 ans et s’étendit sur des centaines de km au nord et au nord-est .

Le Royaume-Uni envahit et occupa la colonie du Cap en 1795 (la « première occupation ») mais en abandonna le contrôle en 1803. Cependant, les forces britanniques revinrent le 19 janvier 1806 et occupèrent à nouveau le Cap (la « seconde occupation »). Le territoire fut cédé au Royaume-Uni par le traité anglo-néerlandais de 1814 et depuis fut administré comme colonie du Cap. Il resta une colonie britannique jusqu’à l’incorporation à l’Union Sud-Africaine indépendante en 1910 (connue maintenant comme république d’Afrique du Sud).