Le 06 janvier

Propos de notre prince régent
Monseigneur Félix Maximilian Bogoridi-Liven :


Chers frères et sœurs !

Je vous félicite sincèrement pour la fête du baptême de notre seigneur Jésus Christ. En cette grande fête, nous célébrons le souvenir de l’événement évangélique quand notre Sauveur, à l’âge d’environ 30 ans, a été baptisé par Jean le Baptiste dans le Jourdain.
C’est dès le moment du baptême que Jésus-Christ s’est révélé aux gens comme le Messie et a commencé sa fonction publique. Voilà pourquoi cette fête s’appelle aussi l’Épiphanie. Le fils de Dieu s’est révélé devant tous les hommes. Aussi exactement alors, pendant le baptême du Sauveur, le Saint-Esprit sous forme de colombe descend du ciel sur lui, et la voix de Dieu le Père des cieux annonça : « Voici mon Fils bien-aimé, en lui ma faveur » (Mf. 3:17). Donc exactement à ce moment-là, la sainte trinité apparut aux gens : Dieu le Père parlait du ciel, le Fils de Dieu fut baptisé et le Saint-Esprit descendit sur lui sous la forme d’une colombe – la trinité Dieu apparut aux gens.
La fête de l’Épiphanie nous rappelle non seulement cet événement ancien, mais elle renouvelle personnellement pour chacun d’entre nous le témoignage de la révélation de Dieu dans le monde, nous donnant l’espoir de la victoire sur les ténèbres et le péché. Maintenant, non seulement nous voyons, mais aussi nous sentons sur nous-mêmes combien le mal est dans le monde qui nous entoure, combien de chagrin et de souffrance cela apporte. Alors que le Seigneur nous aide à combattre le mal, à défendre la vérité, le bien et la volonté. Et que la grâce de Dieu, la puissance du Saint-Esprit agisse en nous, nous aidant, purifiant et sanctifiant !


Le 6 janvier 1317 : sacre de Philippe V, à Reims.

Philippe V de Poitiers est couronné Roi de France. A sa mort, Louis X laissait pour seule héritière une fillette, de huit ans, Jeanne. Philippe frère du défunt, monte sur le trône en appliquant de la loi salique de primogéniture mâle.

Rappelons l’importance du sacre du Roi en France.

Ce dernier reçoit son pouvoir de Dieu ; et à la différence de beaucoup de gouvernant aujourd’hui. Les Rois de France le savaient et le reconnaissaient. La cérémonie du sacre est le moment clé où le Dauphin la personne princière devient personne royale, Roi de France. Sainte Jeanne d’Arc l’a souligné à de nombreuses reprises. Le Roi y reçoit les grâces de sont nouvel état. C’est pourquoi le marquis de la Franquerie, dans son livre la mission divine de la France, affirme à travers le récit de l’onction royale reçu par Saul puis par David jeune enfant du temps de la pleine puissance de Saul, qui venait de rompre le pacte l’unissant à Dieu :

« Il n’est pas nécessaire que le Roi soit un homme de génie puisque Dieu supplée aux qualités qui lui manquent par la vertu du sacre. Aussi Saul est-il vainqueur en toute circonstances, réalisant cette grande prophétie d’Isaïe vrai pour tous les temps : 3 le Joug tombera en pourriture en présence du sacre » (X.17) »

Je ne saurai trop recommander l’analyse des sacres de l’ancien testament fait par l’auteur dans ce livre, qui précède celle de nos Rois (la mission divine de la France , pages 68 à 69), je cite:

« Le sacre de nos Rois est la cérémonie la plus solennelle que la religion a établie pour rendre nos Monarque respectables », dit Alletz dans son Cérémonial du Sacre.

L’éminent Bénédiction Dom Besse, expose la signification du sacre dans une page magistrale qu’il est impossible de ne pas reproduire :

« Le Roi prenait possession de son trône le jour du sacre. Jésus Christ lui conférait dans la basilique de Reims l’investiture du Royaume. Il recevait du prélat consécrateur, avec le caractère royal, les aptitudes au gouvernement. Nous les appelons dans la langue chrétienne, les grâces d’état. UN CARACTERE SACRÉ S’IMPRIMAIT SUR TOUTE SA PERSONNE, IL EN FAISAIT UN ÊTRE A PART, UN CONSACRÉ. Le Peuple Chrétien le prenait pour L’ÉLU DE DIEU, L’OINT DU SEIGNEUR; il voyait en Dieu la source des droits qui lui arrivaient par la naissance. De son côté, le Souverain acceptait sa fonction comme un mandat. IL RÉGNAIT AU NOM DU TOUT-PUISSANT, EN VERTU D’UNE DÉLÉGATION OFFICIELLE.

Il y avait plus encore: un lien religieux se formait entre le Roi et son Royaume pour s’adjoindre à celui que le droit héréditaire avait déjà formé. Leur union devenait ainsi plus forte et plus féconde. LE ROI APPARTENAIT A LA FRANCE ET LA FRANCE APPARTENAIT AU ROI. Le Roi lui devait le service d’un Gouvernement ferme, sage et chrétien. La France lui donnait toute sa fidélité et son dévouement. L’EGLISE EN CONSACRANT CETTE UNION LUI DONNAIT UN NOUVEAU DROIT AU RESPECT PUBLIC, CEUX QUI AURAIENT TENTÉ DE LE ROMPRE SE SERAIENT RENDUS COUPABLES D’UN SACRILEGE. LE SACRE FAISAIT DU PRINCE UN HOMME ECCLESIASTIQUE, SA SOUVERAINTETE APPARAISSAIT COMME UNE FONCTION SAINTE (*).

Et le marquis de continuer :

« On ne peut passer sous silence ce que dit du sacre de nos Rois l’un des Théologiens les plus estimés, Monseigneur Delassus : L’onction sainte donnait la personne du Roi à la France, de telle sorte que le Roi appartenait plus au pays qu’il ne s’appartenait à lui-même. Après les Etats de l’Eglise, c’est en France que la royauté était la plus dégagée des liens terrestres la plus spiritualisée, peut-on dire, le Roi était plus véritablement le père de son peuple que de ses propres enfants. Il devrait sacrifier ceci à celui-là ; et il savait le faire, comme les tables de marbre de Versailles en font foi. Ou plutôt ses enfants n’étaient plus à lui, c’était les « fils de France ». L’onction sainte donnait au Roi un certain caractère de sainteté non point de cette sainteté […] dont Saint Thomas d’Aquin affirme que le miracle de la sainte ampoule, au Baptême de Clovis, en est la preuve. »

« Le sacre de ses Rois a longtemps été un privilège réservé à la France. Aucun empereur romain, ni Constantin, ni Théodose n’avaient demandé à l’Eglise de consécration religieuse. Quand le moment vint où la Providence voulut avoir en France des rois protecteurs du Saint-Siège et propagateurs de la Foi catholique, Saint Rémy, comme un nouveau Samuel, donna l’onction sainte au fondateur de la monarchie française. »