Le 12 janvier
Le 12 janvier 1167: Mort le l’Abbé Saint Alfred ou Aelred

Né au nord de l’Angleterre en 1109, Alfred se fit remarquer par tous les avantages de la naissance, de l’éducation et des talents. Son histoire rapporte qu’un jour qu’il reposait dans son berceau, un de ses parents vit son visage brillant comme le soleil. Jeune encore, il fut nommé gouverneur du palais par David, roi d’Écosse, et il remplit cette charge importante avec une supériorité qui lui attira l’estime du prince et de toute la cour.
Un jour, un personnage de qualité lui ayant fait des reproches injurieux en présence du roi, il l’écouta avec patience et le remercia de ce qu’il avait la charité de l’avertir de ses fautes. Cette conduite impressionna si heureusement son ennemi, qu’il lui demanda aussitôt pardon. Ce trait, parmi d’autres, révéla son humilité profonde. Mais Alfred se sentait fait pour une vie plus parfaite.
A vingt-quatre ans, il quitta les honneurs de la cour pour prendre l’habit monastique et porter le joug du Seigneur. Nommé malgré lui abbé de son monastère, il se montra le modèle de tous. Un de ses religieux nous a laissé de sa vertu le tableau suivant: « Quelle vie plus pure que celle d’Alfred? Qui fut plus sage dans ses discours? Les paroles qui sortaient de sa bouche avaient la douceur du miel; son corps était faible et languissant, mais son âme vive et alerte. Il souffrait patiemment ceux qui l’importunaient et ne se rendait jamais importun à personne. Il écoutait volontiers les autres et ne se pressait point de répondre à ceux qui le consultaient. On ne le vit jamais en colère; ses paroles et ses actions portaient la douce empreinte de cette onction et de cette paix dont son âme était remplie. »
Les quatre dernières années de sa vie, il augmenta ses mortifications au point que son corps devint d’une maigreur extrême, et qu’on l’aurait pris pour un esprit plutôt que pour un homme. Souvent il se mettait dans une fosse creusée dans le sol de son oratoire, et de là on l’entendit plus d’une fois s’entretenir avec les esprits célestes. Familiarisé depuis longtemps avec la pensée de la mort, il la vit venir avec joie, le 12 janvier 1167, à l’âge de cinquante-sept ans.
Le 12 janvier 1598 : le pape Clément VIII s’empare du duché de Ferrare.

Clément VIII (en latin Clemens VIII, en italien Clemente VIII), de son nom de baptême Ippolito Aldobrandini, né à Fano le 24 février 1536 et mort à Rome le 3 mars 1605, est le 231e évêque de Rome et donc pape de l’Église catholique du 30 janvier 1592 au 3 mars 1605.
Il obtient la conversion d’Henri IV, qui met fin en France aux guerres de Religion. Il encourage la paix entre la France et l’Espagne, et la France et la Savoie. Il a peu de pitié pour ses adversaires, présidant le procès et l’exécution de Giordano Bruno et mettant en œuvre des mesures strictes à l’encontre des résidents juifs des États papaux.
JEUNESSE ET ÉDUCATION
Né à Fano dans une famille de la noblesse florentine, Ippolito Aldobrandini étudie le droit sous la direction de son père avocat, Silvestro Aldobrandini. Il fait carrière dans l’Église comme avocat consistorial puis auditeur de la Rote et de la Daterie apostolique.
CARDINAL
Ippolito Aldobrandini est créé cardinal en 1585 par le pape Sixte-Quint. Ce dernier le nomme grand pénitencier en janvier 1586. En 1588, il l’envoie comme légat en Pologne. Il y est assisté du naturaliste Michele Mercati, dont il fera son médecin personnel.
Il prend pour directeur de conscience le réformateur Philippe Neri, son confesseur depuis trente ans. Par sa diplomatie, il s’attache la reconnaissance des Habsbourg en faisant libérer l’archiduc Maximilien III d’Autriche, prétendant au trône de Pologne.
PAPE
Élection
En 1591, la mort d’Innocent IX ouvre un conclave qui dure du 10 au 30 janvier 1592. Une minorité déterminée de cardinaux italiens refuse les injonctions de Philippe II d’Espagne. Le choix du cardinal Aldobrandini apparaît comme le présage d’une politique européenne plus équilibrée et libérale. Le nouvel élu prend le nom de Clément VIII, dépourvu de toute connotation politique.
Pontificat
Clément VIII, en tant qu’homme politique, souhaite libérer la papauté de la tutelle espagnole.
Dès 1590, une semaine après la mort de Sixte-Quint, la congrégation des cardinaux interrompit la publication de la vulgate qui était à peine sortie de presses. On lui reprochait des corrections trop drastiques et trop personnelles qui pourraient prêter le flanc à la critique des protestants. À la place, son successeur Grégoire XIV donne ordre de préparer une version corrigée qui se révèle à peine meilleure. L’essentiel du texte préparé par Sixte V a été conservé, mais on a rétabli nombre de doublons omis et intégré une grande partie des corrections de la commission Carafa qui avait travaillé à partir de quelques manuscrits des versions grecque et hébraïque . Le travail fut expédié en 19 jours. La mort de Grégoire XIV et le bref pontificat d’Innocent IX firent que la vulgate sixto-clémentine ne fut promulguée qu’après l’élection de Clément VIII. Elle fera autorité dans l’Église catholique jusqu’au concile Vatican II.
En 1595, le Synode de Brest, en Lituanie, rallie à Rome une grande partie du clergé et du peuple ruthènes.
En 1597, Clément VIII fonde la congrégation de Auxiliis (en) chargée de régler la controverse théologique qui oppose alors Dominicains et Jésuites quant au rôle respectif de la grâce efficace et du libre arbitre. Le débat semble condamner l’opinion du Jésuite Molina, qui privilégie le libre arbitre. Mais les Jésuites ont acquis une grande influence. Ils mènent des missions d’évangélisation à l’étranger, notamment au Paraguay et en Chine. Leur rôle essentiel incite le pape à la prudence. Il s’abstient de les condamner officiellement. En 1611 puis en 1625, un décret interdit toute discussion sur la question. Toutefois, la publication de commentaires sur Thomas d’Aquin contourne cette prescription.
En 1600, après de longs travaux issus du concile de Trente, il publie un cérémonial éponyme.
Le 12 janvier 1321 : mort de Marie de Brabant, reine de France
Cette princesse, que l’histoire contemporaine nous représente comme unissant le savoir aux grâces, protégeant les poètes, et cultivant elle-même avec succès la poésie, était fille de Henri III, duc de Brabant, et d’Alix de Bourgogne. Depuis deux ans elle avait épousé Philippe le Hardi, lorsque la calomnié la plus noire vint flétrir ses vertus et troubler sa félicité. Cette calomnie était le prix de son courage.

Seule, au milieu d’une cour timide et silencieuse, Marie osait avertir le roi, son époux, des prévarications d’un ministre odieux et tyrannique. Dès longtemps Pierre de La Brosse avait subjugué l’esprit de Philippe : sous saint Louis il était venu de sa province pour remplir à la cour les fonctions de chirurgien et de barbier » alors inséparables. Philippe l’éleva au grade de chambellan, et lui confia l’administration des affaires. L’indigne favori conçut le projet de perdre sa royale ennemie
« Ce dessein ne fut pas plutôt forme, dit Mezerai, que cent langues mercenaires se mirent à noircir la réputation de cette princesse, et firent entendre au roi qu’elle disait souvent qu’elle était bien malheureuse de n’avoir des enfants que pour être vassaux de ceux du premier lit ; qu’en vain elle avait eu l’honneur d’épouser un roi, si elle ne pouvait obtenir que ses enfants précédassent ceux du premier mariage qu’il semblait que la raison voulait que son fils, qui était né d’un père roi, précédât les autres, qui étaient venus au monde lorsqu’il ne l’était pas. »
Tout-à-coup l’aîné de ces enfants privilégiés expire : son cadavre porte les traces du poison. Le chambellan accuse la reine, la reine accuse le chambellan. Philippe, dans sa douleur et son incertitude, envoie consulter l’oracle de ces temps grossiers, une espèce de sibylle, religieuse de l’ordre des Béguines à Nivelle. La prophétesse, interrogée deux fois, proclame l’innocence de la reine.
Dans le même temps, le duc Jean, son frère, envoie un champion prêt à soutenir le combat contre quiconque voudrait accuser Marie. Alors s’éleva contre La Brosse une clameur universelle, qui le désignait comme l’assassin : les preuves matérielles manquaient encore ; peut-être même allait-il être absous. « Mais lorsqu’il pensait être hors de danger, dit encore Mézerai, l’on trouva une lettre signée de sa main et scellée de son cachet, qui découvrit une partie de ces trahisons. »
D’autres historiens rapportent qu’un jacobin de Mirepoix vint à la cour, demanda à parler au roi, lui remit une cassette, disant la tenir d’un inconnu qui était venu à son abbaye, où il était mort, et qui en mourant lui avait recommandé de remettre cette cassette au roi lui-même. On l’ouvrit en plein conseil, et on y trouva la lettre réelle ou supposée qui prouvait la perfidie de La Brosse.
Ces divers récits sont empreints d’une teinte romanesque. Les vieilles chroniques attestent que le XIIIe siècle n’y ajouta pas une foi entière. Marie de Brabant passa le reste de ses jours dans la paix et dans le commerce des muses. Sa tragique aventure était destinée à les inspirer : elle a fourni le sujet d’un roman, d’une tragédie et d’un poème.






